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Coucou! Me re-voilà pour la troisième partie de notre roadtrip au Rajasthan: Après Jaipur et Pushkar, nous nous sommes arrêtés deux jours à Jodhpur, la ville bleue. Traditionnellement, la couleur bleue était utilisée pour désigner la demeure des brahmanes, l'une des plus haute caste de la société indienne traditionnelle. Mais ce n'est pas pour cette raison que beaucoup de maisons sont bleues à Jodhpur. Le bleu a en effet plusieurs propriétés: il permet d'une part de garder les maisons au frais, et d'autre part, de repousser les insectes

Jodhpur est encore une ville du Rajasthan extrêmement riche en histoire, comme vous le verrez dans la suite de cette petite visite guidée. 

Jodhpur est connue pour son commerce d'opium, de bois de santal, de dattes et de cuivre. On  y fabrique également beaucoup de tissus de manière artisanale, mais aussi des tapis et des marionnettes, tout ce qui relève du textile en somme. 

J'espère que vous êtes prêts à découvrir la ville bleue du Rajasthan, car cet article risque d'être assez chargé! 

 

Vue sur Jodhpur, la ville bleue

Vue sur Jodhpur, la ville bleue

Jodhpur, la ville bleue, et son fort derrière

Jodhpur, la ville bleue, et son fort derrière

Jodhpur, la ville bleue

Jodhpur, la ville bleue

Le palais d'Umaid Bhawan

La construction de ce somptueux palais a débuté en 1929 sur ordre du maharaja de Jodhpur: Umaid Singh. Les moyens employés pour terminer le palais sont colossaux. Il ne fallut pas moins de 15 ans et 3000 ouvriers pour achever le bâtiment, le tout pour la modique somme de 11 millions de roupies. Le palais compte 356 salles. Pas de panique, il est impossible de tout visiter (cela prendrait des jours...), une partie a été transformée en hôtel de luxe, tandis qu'une autre sert toujours de résidence à la famille royale actuelle. 

Mais revenons en à l'histoire du palais. Le maharaja ne se refusa rien. En effet, il fit venir une centaine de wagons de marbre et de tek. Il fit également venir tout son mobilier de Londres. Malheureusement, le navire les transportant coula à cause d'une torpille durant la Seconde Guerre Mondiale. Il en fallait plus pour arrêter le maharaja, qui repassa commande illico. Aujourd'hui, la partie que l'on peut visiter a été transformée en musée, où l'on peut encore admirer ces meubles. 

D'après le maharaja, ce projet avait un but philantropique: celui de donner du travail à beaucoup d'ouvriers en période de sécheresse. 

Le palais d'Umaid Bhawan

Le palais d'Umaid Bhawan

Le palais d'Umaid Bhawan, cour intérieure

Le palais d'Umaid Bhawan, cour intérieure

Le palais d'Umaid Bhawan, cour intérieure

Le palais d'Umaid Bhawan, cour intérieure

Jaswant Thada

Le Jaswant Thada, qui ressemble à un temple, est en fait un mémorial dédié à Jaswant Singh II, l'un des maharajas de Jodhpur. L'architecture est impressionante: le bâtiment est construit tout en marbre, et se situe au dessus d'un petit lac. Sur ce coup là, je n'ai pas beaucoup plus d'explications à vous donner, il s'agit surtout d'admirer l'architecture et la vue. Comme il pleuvait le jour où nous y sommes allés, le marbre reflétait le paysage, ce qui n'en était que plus joli. Evidemment, on entre pieds nus. 

 

Jaswant Thada et son lac

Jaswant Thada et son lac

Le lac

Le lac

Jaswant Thada

Jaswant Thada

Jaswant Thada

Jaswant Thada

Jaswant Thada

Jaswant Thada

Mehrangarh, le fort de Jodhpur

Mehrangarh, c'est un fort impréssionant qui surplombe toute la ville. Et ils en sont fiers, les habitants de Jodhpur (à juste titre, d'ailleurs). Dans le Rajasthan, on trouve beaucoup de forts à visiter, mais ce sont souvent des ruines dans lesquelles il ne reste plus grand chose. A Mehrangarh, c'est différent, tout y est quasiment intacte. Il est d'ailleurs connu pour avoir été un fort imprenable, un fort hautement sécurisé. 

Tout d'abord, le fort est situé en haut de la plus haute coline de Jodhpur, à 120 mètres au dessus de la ville. En haut, des remparts mesurant entre 6 et 36 mètres entourent le fort. Il faut ensuite passer les 7 portes fortifiées pour pouvoir y entrer.  

La dernière porte, Laha Pol (Iron Gate), illustre bien à quel point le fort était sécurisé. Tout d'abord, la porte est construite après un angle droit, évitant ainsi aux éléphant énnemis de pouvoir charger. La porte, extrêmement épaisse, est également ornée de pics en fer, à hauteur d'éléphant également. 

Juste après cette porte, sur le mur, on peut observer des empreintes de mains. Ce ne sont autres que celles des 15 épouses du maharaja Man Singh. Ces 15 femmes sont des "satis", c'est-à-dire qu'elle se sont immolées sur le bûcher funéraire de leur défunt mari. 

Dans le fort, on trouve des collections de peintures, d'armes, mais aussi de palanquins. Un palanquin, c'est une chaise à porteur, que l'on appelle aussi howdah lorsqu'elle sont portées par des animaux. On y transportait les reines pour qu'elles ne soient pas vues. Une anecdote m'a d'ailleurs marquée. Alors je ne sais plus son nom, ni l'époque éxacte, mais il semblerait qu'une reine indienne se soit un jour rendue en Angleterre. Comme elle ne pouvait pas être vue, elle avait fait venir son propre palanquin pour se déplacer entre sa Rolls Royce et les endroits où elle se rendait. Les paparazzis britaniques en avaient fait une obsession, et voulaient absolument un cliché de la mystérieuse reine. Finalement, la seule photo que l'un d'eux réussit à avoir, ce fût sa cheville au moment où elle descendait de son palanquin. De retour en Inde, lorsque le maharaja apprit ça, il racheta toutes les photos de sa cheville au photographe, sûremement très cher, afin d'être certain qu'aucune photo ne serait diffusée dans la presse anglaise. 

A l'intérieur du fort, les fenêtres du palais sont similaires à celles du Hawa Mahal, le harem de Jaipur. Ces fenêtres percées permettaient d'observer la cour sans être vu, mais également de ventiler les salles intérieures. Ces fenêtres jouent aussi un rôle ésthétique, puisque le soleil dessine des motifs sur le sol lorsqu'il passe au travers. 

Comme vous l'aurez sûrement compris, ça déborde de luxe à Mehrangarh. Je vous laisse constater par vous-même. 

Le fort à la tombée de la nuit

Le fort à la tombée de la nuit

Le fort, surplombant Jodhpur

Le fort, surplombant Jodhpur

La première porte du fort

La première porte du fort

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Le fort de Mehrangarh

Le fort de Mehrangarh

Des fenêtre percées, comme au Hawa Mahal

Des fenêtre percées, comme au Hawa Mahal

Le fort de Mehrangarh

Le fort de Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Mehrangarh

Les épaisses remparts de Mehrangarh

Les épaisses remparts de Mehrangarh

Les villages voisins

A Jodhpur, il n'y a pas non plus 5000 trucs à visiter, même s'il est extrêmement agréable de se promener dans les rues. Nous avons profité d'une journée de beau temps pour partir aux environs de Jodhpur visiter des villages, le tout en Jeep, s'il-vous-plaît! La mousson étant de plus en plus faible dans le Rajasthan, le gouvernement essaye de mettre en place des solutions pour que les habitants puissent vivre d'autre chose que de l'agriculture uniquement. Certaines familles ont donc été séléctionnées par le gouvernement pour que les touristes puissent se rendre chez eux, moyennant quelques roupies bien-sûr. Nous sommes donc allés dans 4 familles des villages de Jodhpur, chacune ayant une tradition artisanale: la poterie, l'opium, les tapis et le textile. 

 

La poterie

Premier arrêt: nous sommes allés voir une famille qui fait de la poterie, et notamment des jarres pour transporter de l'eau. Il achètent la terre glaise aux alentours, puis fabriquent toutes sortes d'objets. La technique est très impressionante. Un dalle de pierre est taillée en rond, la surface doit être parfaitement lisse. Sur cette pierre, il y a un trou qui permet de l'attraper avec un bâton et de la faire tourner. On dépose ensuite de la terre avec de l'eau au milieu, et hop, on peut faire des pots. Bon, le mec qui nous a montré ça avait vraiment la technique, ça fait 8 ans qu'il pratique. Alors quand ça a été à notre tour d'essayer, il a bien rigolé! 

Une fois le pot formé, on le détache du support en le coupant grâce à un fil. La cuisson des pots a lieu une fois par semaine. Pour ce qui est du contrôle de la température, ils font tout au pif. Alors forcément, il y des pots cassés quelques fois. Aucun problème, les poteries ébréchées sont réutilisées, pour contruire des murs par exemple. 

Les produits finis sont ensuite envoyés sur les marchés locaux. 

Maison où l'on fait les poteries

Maison où l'on fait les poteries

Des poteries partout

Des poteries partout

Des poteries

Des poteries

Les poteries cassées sont réutilisées, pour construire un mur par exemple

Les poteries cassées sont réutilisées, pour construire un mur par exemple

Etape 1: Mouiller la terre glaise pour en faire un pâte

Etape 1: Mouiller la terre glaise pour en faire un pâte

Etape 2: Mettre la pâte sur la pierre, et la faire tourner à l'aide du bâton

Etape 2: Mettre la pâte sur la pierre, et la faire tourner à l'aide du bâton

Etape 3: Façonner la poterie

Etape 3: Façonner la poterie

Etape 4: Quand c'est terminé, on coupe avec du fil

Etape 4: Quand c'est terminé, on coupe avec du fil

Résulats: Devant, les poteries du pros, et derrière, les notres....

Résulats: Devant, les poteries du pros, et derrière, les notres....

Poteries en tout genre

Poteries en tout genre

Trois singes en poterie

Trois singes en poterie

Le village Bishnoï

Deuxième arrêt: nous nous sommes rendus dans un village Bishnoï. Les Bishnoï, en gros, ce sont des gens méga écolos, il protègent la nature envers et contre tout, littéralement, vous allez le voir. 

Les Bishnoï font partie d'un courant hindouiste, qui suit depuis 500 ans un gourou du nom de Jambheshwar. Ce dernier prône des enseignements extrêmement écologistes, toute vie est sacrée, même la plus petite. 

Bishnoï signifie 29: Bish= 20 et Noï=9. Vingt-neuf, c'est le nombre de commandements que les Bishnoï suivent dans leur vie quotidienne. Ces règles de vie visent principalement à protéger la nature et les animaux. Parmis les plus importantes, les Bishnoïs ne peuvent pas couper d'arbre, doivent être complétement végétariens, et doivent enterrer leurs morts. Cette dernière règle peut paraître surprenante quand on sait que les Hindous incinèrent leurs morts. C'est en fait complètement logique si on suit les autres commandemements. Les Bishnoïs ne pouvant pas couper d'arbre et devant les protéger, ils ne peuvent pas en utiliser pour brûler les corps. C'est pourquoi ils préfèrent enterrer leurs morts. 

Une histoire assez surprenante découle d'ailleurs de ces commandements. Au XVIIIème siècle, le maharaja de l'époque ordonna à ses soldats d'aller couper des arbres afin de pouvoir fabriquer ses meubles. Arrivés à proximité du village, alors qu'ils tentèrent de couper le premier arbre, une femme leur expliqua que ce n'était pas possible, et qu'ils devraient lui passer sur le corps. Les soldats du maharaja ne voulant rien entendre, la femme entoura l'arbre de ses bras. Les soldats lui coupèrent la tête en même temps qu'ils coupèrent l'arbre. Bien tristement, la petite fille de cette femme vit sa maman mourir devant ses yeux. Elle courra au village afin d'avertir les autres. Tous les villageois s'enchainèrent alors aux arbres afin de les protéger, et 363 Bishnoï périrent en même temps que les arbres furent coupés. Cet évènement est encore commémoré tous les ans en Septembre, on appelle ce triste jour le Khejaldi. Quand le maharaja entendit ce qui s'était passé, il se rendit au village. Il n'avait en fait aucune idée que cette communauté existait. Il promit alors que plus aucun arbre ne serait coupé autour de leur village. Bien triste histoire.... 

Une autre histoire est très connue dans les alentours, d'autant plus qu'elle implique la star de Bollywood, Salman Khan. En 1998, ce dernier s'est rendu sur les terres Bishnoï afin de chasser l'antilope. Grâce à la pression des Bishnoï, il a été condamné à de la prison ferme. Cette affaire a fait scandale dans tout l'Inde, rendant le peuple Bishnoï célèbre dans le pays entier. 

Nous avons pu rencontrer un Bishnoï, un vrai. Même si je pense qu'ils ne suivent plus toutes les règles à la lettre, la nature et les animaux restent leur priorité. Les Bishnoï, qui vivent de l'agriculture, ont également subi beaucoup de pertes ces dernières années à cause des pluies trop timides. Beaucoup d'animaux sont morts, ou ont été donnés car ils ne pouvaient plus s'en occuper. Les maharajas de la région ont d'ailleurs mis en place un système assez généreux. Lorsque les villages n'ont plus assez d'argent pour s'occuper de leurs bêtes, ils les récupèrent, les nourrissent et les abreuvent. Ils viennent aussi chercher les animaux morts. Les Bishnoï accueillent donc désormais des touristes pour arrondir les fins de mois. 

Comme je le disais, nous sommes donc allés chez l'un d'entre eux. Nous avons un peu discuté, et il nous a montré comment mettre un turban. Le chef du village doit toujours porter un turban blanc. Ensuite, nous avons eu droit à une cérémonie de bienvenue typique. Au Rajasthan, l'opium est extrêmement répandu. On ne le fume pas, on le boit. On l'utilise pour toutes les grandes occasions: marriage, naissance, mort, mais aussi lors d'une réconciliation. Les Bishnoï l'utilisent également comme anti-douleur, ou comme café, pour se donner un coup de pouce quand ils vont travailler dans les champs. 

En tant qu'invités, nous avons pu goûter l'opium, vous l'aurez compris. Après l'avoir dilué dans l'eau, le chef du village nous a fait boire dans sa main. Il faut boire trois fois minimum, et lui rincer la main avec de l'eau propre en signe de remerciements. Alors bien-sûr, il nous a fait une mini-dose, il sait bien qu'on est que des petits touristes et qu'on est pas habitués à ça. Nous avons vraiment passé un bon moment en sa compagnie, il nous a même offert le thé. 

Un Kit à Opium

Un Kit à Opium

Le turban, qui mesure 10 mètres

Le turban, qui mesure 10 mètres

Le turban terminé

Le turban terminé

Il faut boire l'opium 3 fois dans la main du chef du village

Il faut boire l'opium 3 fois dans la main du chef du village

Il faut verser de l'eau dans sa main en signe de remerciement

Il faut verser de l'eau dans sa main en signe de remerciement

Le village Bishnoï

Le village Bishnoï

Les tapis et la fabrique de textiles

Troisième et quatrième arrêt: un village qui fabrique des tapis à la main et une fabrique de textiles. Honnêtement, beaucoup moins intéressants que nos arrêt précédents. Nous avons surtout vu comment ils fabriquent les tapis grâce à leurs métiers à tisser, et comment ils recyclent les textiles pour en faire de nouveaux. Les personnes rencontrées étaient hyper sympa, mais on sentait plus la volonté de nous vendre à tout prix. Bon on a fait des achats, et on ne le regrette pas, on a eu des choses magnifiques. On a juste eu beaucoup moins d'explications que lors des autres arrêts.

Le plus drôle, c'était quand même la fabrique de tapis. On arrive dans le petit village, qui doit compter 5 maisons en chaume et en paille. Comme nous étions intéressés par un tapis, on commence à parler prix avec le propriétaire. Quand on lui a dit qu'on avait pas assez de liquide sur nous... Pas de problème, on prend la carte bleue! Assez surprenant pour un village perdu au milieu de nul part! Mais bon, au final, c'est le gouvernement qui, encore une fois, aide les gens des petits village en leur fournissant des appareils à carte bleue. En plus, lorsqu'on achète directement aux producteurs, ils se divisent les bénéfices entre eux, au lieu que les trois quarts soient engloutis par un intermédiaire. 

Le métier à tisser

Le métier à tisser

Les outils pour tisser le tapis

Les outils pour tisser le tapis

La fabrique de textiles

La fabrique de textiles

Une pièce de tissu recyclée

Une pièce de tissu recyclée

Voilà, nous arrivons à la fin de notre petit tour à Jodhpur, la ville bleue. Avant de vous laisser, je vous recommande un hôtel et un restaurant. 

L'hôtel: The Blue House. Une maison toute en hauteur, et surtout, toute bleue. Plein de petits coins pour se caler. Nous avons étés accueillis par toute la famille, qui ont tous été adorables. Manish, le père de la famille, est un peu l'homme à connaître à Jodhpur, car lui, il connaît tout le monde. Il pourra vous donner des conseils. Il a également passé toute une matinée à discuter avec nous, l'occasion d'en apprendre un peu plus sur la culture indienne. 

Le restaurant: Le Jankhar. Bon, OK, le restaurant que je vais vous recommander appartient également à Manish. Mais en même temps, rien à dire, on y mange très bien et pour pas trop cher. En plus on est super bien installé dans des gros fauteuils. 

 

The Blue House

The Blue House

Terrasse du Blue House

Terrasse du Blue House

Petit coin posé au Blue House

Petit coin posé au Blue House

Les délicieuses Pakora du Jankhar

Les délicieuses Pakora du Jankhar

Voilà, c'est l'heure pour moi de vous laisser, en espérant que vous ayez les idées toutes bleues! Voici quelques dernières photos de la vieille ville, je vous laisse vous perdre dans les petites rues de Jodhpur, qui sait, vous y croiserez peut-être un maharaja.... 

Dans les rues de Jodhpur

Dans les rues de Jodhpur

Dans les rues de Jodhpur

Dans les rues de Jodhpur

Dans les rues de Jodhpur

Dans les rues de Jodhpur

Dans les rues de Jodhpur

Dans les rues de Jodhpur

Marketing Indien.....

Marketing Indien.....

Tag(s) : #Voyage, #Rajasthan

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